Les ongles enregistrent fidèlement ce qui se passe dans votre corps. Savoir les lire, c'est avoir accès à des informations précieuses sur votre état de santé général.
En médecine clinique, l'examen des ongles fait partie de l'évaluation physique standard. Et pour cause : la matrice ongulaire — cette zone de tissu actif qui produit l'ongle — est extrêmement sensible aux variations de l'état général du corps. Ce qu'elle produit reflète fidèlement ce qui se passe dans votre biologie. Voici ce que disent 3 signes courants.
L'onychoschizie (division horizontale de la plaque ongulaire) est l'un des problèmes les plus fréquents, surtout chez les femmes. Elle a le plus souvent une cause externe : exposition répétée à l'eau et aux détergents sans gants de protection. Ces agressions répétées fragilisent la structure kératinique couche par couche. Mais elle peut aussi signaler une carence nutritionnelle — notamment en biotine, dont le rôle dans la production de kératine est bien documenté (plusieurs études cliniques de dermatologie ont montré une amélioration de la fragilité ongulaire avec une supplémentation en biotine). La distinction : si la fragilité touche tous les ongles de façon homogène, une cause interne est plus probable. Si elle est localisée à certains doigts, les causes mécaniques/chimiques sont en première ligne.
Ces sillons traversant l'ongle perpendiculairement à sa croissance sont comme les cernes d'un arbre : ils racontent l'histoire d'un épisode difficile. Une interruption temporaire de la croissance ongulaire — causée par une maladie fébrile, une opération chirurgicale, un choc émotionnel intense, ou une restriction alimentaire sévère — crée ce sillon. En mesurant la distance entre la strie et la racine de l'ongle, on peut même estimer approximativement quand l'événement s'est produit (l'ongle pousse d'environ 3 mm par mois). Ces stries disparaissent d'elles-mêmes en quelques mois, une fois l'épisode passé.
Un ongle sain a une teinte rosée, reflet de la vascularisation du lit ongulaire sous-jacent. Des ongles anormalement pâles ou blanchâtres peuvent indiquer une anémie (manque d'hémoglobine), une mauvaise circulation, ou — dans des cas rares — certaines atteintes hépatiques. Ce signe seul n'est pas un diagnostic, mais combiné à d'autres symptômes (fatigue, essoufflement à l'effort, froid aux extrémités), il justifie un bilan sanguin simple. Les ongles complètement blancs avec une bande rosée à l'extrémité (leuconychie partielle) ont parfois été associés à des troubles hépatiques dans la littérature médicale — là aussi, à ne pas ignorer.
Un ongle fragile ou qui change d'aspect de manière progressive peut simplement refléter un environnement externe agressif (eau, produits chimiques, gel UV). Avant toute conclusion, évaluez d'abord vos habitudes quotidiennes. Si après 3 mois de protection (gants, crèmes hydratantes) la situation ne s'améliore pas — ou si plusieurs ongles sont touchés simultanément sans cause externe évidente — un bilan sanguin (fer, zinc, thyroïde) est l'étape logique suivante.
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